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mercredi 30 septembre 2015

402-LA CHUTE DES CORPS ET DES OBJETS DANS L'ART DES XX° ET XXI° SIÈCLES




- KLEIN Yves (1928-1962), Le Saut dans le vide, 23 octobre 1960,
5 rue Gentil-Bernard, Fontenay-aux-Roses (sud-ouest de Paris).



LES CORPS

Tirées de la mythologie gréco-romaine ou de la religion chrétienne, les scènes de chute des corps de l'Histoire de l'Art renvoient à l'idée d'une chute morale, après une ascension physique et spirituelle qui a défié l'espace et le pouvoir divins. A l'ivresse éphémère du vol succède la brutalité de la chute et cette dernière est souvent le signe d'une condamnation ou de la mort indéfectiblement liée à la condition humaine.



- Anonyme, Tombe dite du Plongeur, Paestum, vers 480-470 av. J.-C.,
fresque de la dalle interne de la couverture de la tombe; Paestum (Italie), Musée Archéologique National,
le plongeon au-delà des limites du monde connu, les Colonnes d'Hercule, symbolise le saut dans la mort., avec une possible régénération.



- Chapiteau roman de la Chute de Simon le Magicien, vers 1125-1145,
cathédrale Saint-Lazare d'Autun (Saône-et-Loire).

-  SIGNORELLI Luca (Luca d'Egidio di Ventura dit, c.1450-1524), Le Jugement DernierLes Damnés, détail, 1499-1502,
 fresques des murs latéraux de la chapelle San Brizio, Cathédrale d'Orvieto, transept sud.


- BRUEGHEL L'ANCIEN Pieter (c.1525-1569), La Parabole des aveugles, 1568,
détrempe sur toile, 86x154 cm, Naples, Musée Capodimonte.
Le titre de l'œuvre fait référence à la parabole du Christ adressée aux Pharisiens : 
« Laissez-les. Ce sont des aveugles qui guident des aveugles. 
Or, si un aveugle guide un aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse. » (Mt 15,14).


- RUBENS Peter Paul (1577-1640), La Chute d'Icare, 1636,
huile sur bois, 27,4x26,8 cm,  Bruxelles, Musées Royaux de Belgique.
- Anonyme (artiste génois), La Chute de Phaéton foudroyé par Jupiter, seconde moitié du XVII siècle,
 fresque du plafond du Grand Salon du Palais Lascaris, Nice.




Qu'en est-il des chutes dans l'art des XX° et XXI° siècles ? La photographie capte le mouvement de la figure humaine, libérée de la gravité, en plein vol, et affirme le dynamisme et la liberté quand elle ne révèle pas le suicide.
Deux temps nous sont proposés : le temps de la chute elle-même (corps ou objet en suspension dans l'air) et le temps immédiat d'après la chute (corps ou objet sur le sol ou sur un autre objet).
Au cinéma, la chute est burlesque dans les films muets : l'individu perd un temps le contrôle de soi et de sa dignité d'homme debout. Le comique est renforcé par la répétition des chutes tout au long du film, affirmant maladresse et fragilité passagère des personnages, lors de courses poursuites et de bagarres, de sauts et de plongeons.
Dans les performances, l'artiste réalise son rêve d'oiseau, flotte dans le vide du ciel, rejoint l'infini et l'immatériel.
Au-delà des mythes, et cela tant dans les chutes humaines que dans les chutes d'objets, les artistes contemporains vont revisiter sans cesse les œuvres majeures : le Saut d'Yves Klein, les chutes d'objets de Marcel Duchamp et de Ai Weiwei.

- LARTIGUE Jacques-Henri (1894-1986), Zissou décolle (Maurice, frère de l'artiste), 1904,
négatif formé d'une plaque de verre de 5,4x13 cm comprenant deux images carrées, Paris, Association des Amis de Jacques-Henri Lartigue.

- KEATON Buster (1895-1966), The Three Ages, 1923,
gif animé constitué d'images du premier long métrage du réalisateur-acteur, film muet en noir et blanc, 63 mn.



- WILES Robert (?-?), Evelyn, 1947,
photographie, publiée en mai 1947 dans le magazine "Life", du suicide de Evelyn McHale (23 ans) 
qui s'est jetée du haut de l'Empire State Building et a atterri sur le toit d'une limousine.

- HALSMAN Philippe (1906-1969), Portrait de Harold Lloyd (1893-1971, acteur de films muets), 1953,
photo extraite du "Jump Book", 1959.


- KLEIN Yves (1928-1962), Le Saut dans le vide, action, Fontenay-aux-Roses, octobre 1960,
l'artiste écrit dans son journal, "Un homme dans l'espace. Le peintre de l'espace se jette dans le vide !
 (... Pour peindre l'espace, je dois me rendre sur place, dans cet espace même".
Après deux sauts réels où l'artiste se blesse, il opte pour un photomontage (Harry Shunk et John Kender) où ses amis judokas,
 tendant une bâche pour ses multiples sauts, ont été remplacés par la photo de la rue vide.


- MORRIS Robert (né en 1931), Untitled (Box for Standing), 1961,
bois de chêne, environ 190,5x62,2x27,9 cm.
L'artiste, dans sa performance, se tenait debout dans l'objet, réalisé à ses mensurations,
 3 minutes et demie et tombait brutalement avec l'objet et restait au sol le même temps.


- WARHOL Andy (1928-1987), Suicide (Fallen Body), Death and Disasters series, 1962,
sérigraphie et peinture aluminium sur toile de lin, 284,5x203,8 cm (à partir de la photographie de 1947 du suicide d'Evelyn McHale par Robert Wiles), New York, Collection Adelaide de Menil..

- WARHOL Andy (1928-1987), Suicide (Purple Jumping Man), Death and Disasters series, 1963,
sérigraphie et acrylique sur toile, 230x230 cm, Tehran Museum of Contemporary Art.


- WARHOL Andy (1928-1987), Suicide (A Woman's Suicide), Death and Disasters series, ensemble et détail, 1963,
sérigraphie et crayon sur toile de lin, 313x211 cm, New York, The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts.


- ADER Bas Jan (1942-1975), Broken Fall (Organic), 1971, court-métrage, 1mn 49,
l'artiste se suspend à une branche aussi longtemps qu'il le peut et chute dans le lit d'un ruisseau peu profond.
Série de performances sur la chute, filmées (courts-métrages muets en noir et blanc, 16 mm) et photographiées en 1970 et 1971, aux Etats-Unis et Hollande, sur la posture et la gravité, entre burlesque et drame.
VOIR LA SÉRIE DE PERFORMANCES 


- RAY Charles (né en 1953), Plank Piece I-II, 1973,
photographies noir et blanc encadrées, 100x68 cm.
Une mise en scène de son propre corps, suspendu et dépendant de la capacité de la planche
 à le supporter, avec un rappel humoristique de l'art minimal.


- BURDEN Chris (1946-2015), Sculpture in Three Parts, 1974,
performance réalisée à la galerie Hansen Fuller de San Francisco, 
il s’assied sur une chaise placée sur un socle, un écriteau indique : « Je serai assis sur cette chaise à partir du 10/09/1974 à 10h30 jusqu’à ce que j’en tombe ». Des photographes se relayent, attendant sa chute. Il tombe au bout de 43 heures, on trace à la craie le contour de son corps, il écrit au centre le mot « Éternellement ». Cette relique reste visible jusqu’à la fin de l’exposition, le 21 septembre. 


- VELICKOVIC Vladimir (né en 1935), Poursuite, 1977,
huile sur toile, 3 panneaux de 198x146 cm chacun, Marseille, Musée Cantini,
l'artiste, marqué par les atrocités de la guerre, peint de nombreuses figures en mouvement, dans la  course, la poursuite, la chute, l'agression de la chair et la mort, dans une peinture sombre et matiériste rehaussée de rouge sang.


- VELICKOVIC Vladimir (né en 1935), La Chute, 1985,
huile sur toile, 91,5x73 cm, Collection particulière.

- WURM Erwin (né en 1954), One Minute Sculpture, 1997,
posture d'une visiteuse, tenue environ une minute (sculpture vivante) et photographiée,
 en relation au protocole proposé par l'artiste avec l'objet (ici,la femme apparaît comme écrasée par la chute de la valise).

- RAMETTE Philippe (né en 1961), Starting Block à chute, 2001,
bois et métal, 76x87x38 cm, l'un des trois, Paris, Galerie Xippas.

- RAMETTE Philippe (né en 1961), Inversion de pesanteur, 2003,
photographie couleur, 150x120 cm, Paris, Galerie Xippas.


- RAMETTE Philippe (né en 1961), A contre-courant (Hommage à Buster Keaton, utilisation), 2008,
photographie couleur, Paris, Galerie Xippas.


- VIOLA Bill (né en 1951), The Last Angel, 2002,
vidéo couleur sur écran plasma mural, son stéréo amplifié, 9 mn, James Cohan Gallery.
L'artiste, marqué par un expérience positive lors d'un début de noyade alors qu'il était enfant, exploite souvent dans ses vidéos déroulées au ralenti la présence d'une chute d'eau ou bien le plongeon du corps dans l'eau (Migration, The Reflecting Pool, The Dreamers, Five Angels for the Millennium, 2001...), avec l'ascension inversée de l'eau et du corps.


- WEI Li (né en 1970), 29 Levels of Freedom, 2003,
C-print sur aluminium, 150x150 x2 cm.
L'artiste réalise des performances et cascades, assuré par grue, câbles et armatures qui sont gommés à la retouche numérique.
L'artiste réalise des chutes, flottements et ascension de son propre corps.

- WEI Li (né en 1970), Falls to the Car, 2003,
C-print sur aluminium, 150x150 x2 cm.


- SHARBAKKA Kerry (né en 1970), Stairs, Chicago, 2002,
C-print sur aluminium, 91,4x76,2 cm.

- SHARBAKKA Kerry (né en 1970), Falling, 2005,
performance publique, Chicago, Museum of Contemporary Art,
chute inspirée des victimes du World Trade Center, cascade avec harnais supprimé par retouche numérique.


- TAYLOR-WOOD Sam (née en 1967), Bram Stocker Chair series, 2004,
cordes et poulies sont effacées à a retouche numérique. 
Une autre série Suspended (2004) montre cette fois une suspension dans l'air de son corps, dans le même intérieur.


- ILYA (né en 1933) et EMILIA (née en 1945) KABAKOV, Fallen Angel, 1997-2004,
fibre de verre, ailes et tissu, 2,55x4,15x3,5 m,
vue de l'Exposition, "Angelologia", Mexico, San Ildefonso, 2014.


- DARZACQ Denis (né en 1961), Photos extraites de la série, La Chute, 2004-2006,
avec des danseurs de breakdance en lévitation.


- DALI Zhang (né en 1963), Offspring, 2003-2005,
15 figures en résine et fibre de verre, H: env. 1,70 m chacune, moulage de corps de travailleurs migrants
 qui ont quitté leur campagne pour trouver du travail et s'élever dans l'échelle sociale mais qui voient leur espoir déçu et chutent.



- CHAN Paul (né en 1973), 1st Light, 2005 (extrait, 2 mn 36), 
installation avec vidéo projection numérique, 14 minutes,
les ombres des objets de la société de consommation sont montrées en ascension
 alors que celles des silhouettes humaines sont filmées en train de chuter.


- FIRMAN Daniel (né en 1966), Jérôme (JB), 2006,
plâtre, vêtements, acier, 240x120x160 cm,
la performance d'un corps vivant est fixée dans le plâtre.

- FIRMAN Daniel (né en 1966), Carla (en suspension), 2007,
plâtre, vêtements, acier, 400x120x330 cm,
la performance d'un corps vivant est fixée dans le plâtre, Paris, Galerie Perrotin.





- LA RIBOT (née en 1962), Laughing Hole, 2006,
performance chorégraphique de 6 heures de trois femmes de ménage qui, tout en riant, parcourent une salle et chutent parfois sur ces pancartes en carton qui couvrent le sol ; elles ramassent une pancarte, la dévoilent au spectateur puis l'affichent au mur avec son slogan dénonçant les drames du monde contemporain.


- GARCIN Gilbert (né en 1929), L'espace et le temps, 2006,
Ses photographies en noir et blanc ne relèvent nullement du numérique mais de petites maquettes, de collages et de photomontages manuels.


- PREXL Laurent (né en 1975), Bien fait = mal fait = pas fait = faisable, 2006,
sérigraphie sur papier Rivoli, 100x70 cm,
une relecture (avec un titre évoquant les œuvres de Robert Filliou), 46 ans après, sur les mêmes lieux, de la performance du Saut dans le vide d'Yves Klein, avec cette fois le corps de l'artiste écrasé sur le trottoir.


- PETITGAND Dominique (né en 1965), Les Ballons, 2006-2009,
 vue de l'Exposition "Quelqu'un est tombé", Saint-Ouen-l'Aumône, site d'art contemporain de l'abbaye de Maubuisson, 
installation pour quatre hauts-parleurs diffusant de brefs bruits de chute résonants, dans trois espaces différents.



- ZHAO Zhao (né en 1982), Broken Officer, 2011,
calcaire, 180x49x46 cm, 
ancien assistant de Ai Weiwei, l'artiste réalise ici une statue brisée d'un officier de police
 dont le numéro de service de l'uniforme semble renvoyer à la date de l'arrestation de Ai Weiwei,
cette sculpture a été censurée, confisquée et a valu une forte amende (non payée) à son auteur.


- XIANGYU He (né en 1986), The Death of Marat, 2011,
figure grandeur nature en résine et fibre de verre, vêtements,
représentant Ai Weiwei, les yeux clos, comme une victime tombée.


- KAUTZ Willy (né en 1975), IL HOOQ, photo extraite de l'animation vidéo, 2013,
dessin, peinture, et animation vidéo par Crec Maniak,
Exposition, "All That Falls", Paris, Palais de Tokyo, 2014,
IL H O O Q prend comme point de départ le tableau romantique de Caspar David Friedrich, Der Wanderer über dem Nebelmeer [Le voyageur contemplant une mer de nuages] (1818). Après un saut dans les nuages, le personnage animé du Wanderer s’efface pour laisser place à un document photographique. Il tombe alors littéralement sur Yves Klein effectuant son Saut dans le vide


- GRÉAUD Loris (né en 1979), (I), La Tour aux plongeurs, 2013,
performance-installation, Forum du Centre Pompidou, juillet 2013.
"On voyait à Beaubourg une immense sculpture ayant la forme d’un escalier hélicoïdal, qui tourne sur son propre axe. Et, dès l’ouverture du Centre jusqu’à la fermeture, on voyait, chaque minute, un athlète se laisser tomber dans le creux de la mezzanine et atterrir 12 mètres plus bas sur un airbag. Ça n’a rien à voir avec du cirque. Ça ressemble plutôt à une sculpture cinétique, à une machine infernale, à une sorte de métronome humain", Loris Gréaud.


LES OBJETS, MATIÈRES, ÉLÉMENTS NATURELS ET ANIMAUX

Si les objets (souvent utilisés comme une métaphore de l'homme) ne subissent pas le destin et la mort, ils sont le jouet du hasard et de la volonté humaine, voire des éléments naturels et ils chutent à leur tour dans une destruction créative. Comme pour les corps, ce peut être l'instant de la chute (en suspension) qui est recherché ou bien le résultat de la chute (déformation, casse, élément du quotidien présenté à l'envers, aspect insolite).

- DUCHAMP Marcel (1887-1968), Trois stoppages étalon et leurs règles à tracer, 1913-1914,
trois fils fixés sur des bandes de toile collées sur verre, rangés dans une boîte de jeu de croquet, 40x130x90 cm, New-York, The Museum of Modern Art. "Ce n'est pas un tableau. Les trois étroites bandes s'appellent 3 stoppages-étalon. Elles doivent être regardées horizontalement et non verticalement parce que chaque bande propose une ligne courbe faite d'un fil à coudre d'un mètre de long, après qu'il ait été lâché d'une hauteur de 1 mètre, sans que la distorsion du fil pendant la chute soit déterminée. La forme ainsi obtenue fut fixée sur la toile au moyen de gouttes de vernis ... Trois règles... reproduisent les trois formes différentes obtenues par la chute du fil et peuvent être utilisées pour tracer au crayon ces lignes sur papier. Cette expérience fut faite en 1913 pour emprisonner et conserver des formes obtenues par le hasard, par mon hasard. Du même coup, l'unité de longueur: un mètre, était changée d'une ligne droite en une ligne courbe sans perdre effectivement son identité en tant que mètre, mais en jetant néanmoins un doute pataphysique sur le concept selon lequel la droite est le plus court chemin d'un point à un autre." « Mes trois stoppages-étalon sont donnés par trois expériences, et la forme est un peu différente pour chacune. Je garde la ligne et j'ai un mètre déformé. C'est un mètre en conserve, si vous voulez, c'est du hasard en conserve. » 


CALDER Alexander (1898-1976), Small Sphere and Heavy Sphere (Petite sphère et grande sphère)1932-1933,
fer, bois, cordes, tiges et objets divers, H. 317,5 cm (dimensions variables), New York, Calder Foundation,
Il apparait probable que la sculpture puisse être mise en mouvement par le spectateur et soit donc interactive ce qui induit la pénétration du spectateur à l’intérieur de la sculpture (cercle ouvert) et la manipulation (mise en mouvement des sphères) voire la modification de l’œuvre (chute d’objets et leur réinstallation). Le mouvement sera de courte durée, rythmé par la rotation, les chocs et éventuels rebonds. Il y a donc un aspect ludique de l’œuvre qui n’est pas sans évoquer l’ambiance du Cirque ou même les jeux de massacres des fêtes foraines où des boules sont jetées pour renverser des boîtes ou des bouteilles.

- ARMAN (1928-2005), Colère de chaise, 1961 ?,
dès cette année-là, l'artiste initie ses Colères, et détruit, avec une rage physique, notamment dans des performances publiques, les objets de la société de consommation et instruments de musique dont il assemble ensuite les débris, sur panneau ou sous vitrine. Il jette, casse à coups de masse ou de hache, scie, découpe ou brûle l'objet.


- BEN (né en 1935), Jeter Dieu à la mer (série des Gestes, 1958-1972), 1962,
performance, Nice, Collection Ben Vautier.


- HAACKE Hans (né en 1936), Condensation Cube, 1963-65,
plexiglas et eau, 76x76x76 cm,
un bac rempli d'eau distillée est placé dans le cube de plexiglas avant que ce dernier ne soit scellé. Selon la température (lumière, chaleur), des phénomènes de condensation se manifestent à l'intérieur du cube aux parois intérieurs toujours plus chaudes que les parois extérieures. De la buée puis des gouttes et des traces de leur parcours se forment dégoulinent le long des parois intérieures. C'est à l'observation de ce processus physique , perpétuel mais jamais identique, que l'artiste convie le spectateur.


- WARHOL Andy (1928-1987), Silver Clouds, 1966,
70 coussins en film plastique métallisé thermosoudé, réalisés avec l'ingénieur Billy Klüver, gonflés à l'hélium et à l'oxygène, flottaient, selon les courants d'air et les obstacles, et se couchaient sur le sol, manipulés par les visiteurs de la Galerie Léo Castelli de New York.


- OLDENBURG Claes (né en 1929), Shoestring Potatoes Spilling from a Bag, 1966,
toile rembourrée de kapok et renforcée avec de la colle, peinture acrylique, 2,74x1,32x1,01 cm, Minneapolis, Walker Art Center.


- BEN (né en 1935), Couper le fil qui retient la terre au ballon (série des Gestes, 1958-1972), 2 juin 1969, à 19h,
performance, Nice,
acrylique sur bois avec 2 photos et faire-part, 75x75 cm,  Collection Ben Vautier,
"je coupe le fil qui retient la terre au ballon. Depuis lors la terre est en chute libre", Ben.


- ADER Bas Jan (1942-1975), Nightfall, 1971, 4 mn 16,
l'artiste dans un lieu clos éclairé par deux lampes au sol, se prépare puis soulève à deux reprises une lourde pierre, la faisant retomber quand l'effort n'est plus tenable, sur chacune des lampes, jusqu'à l'obscurité totale.
Série de performances sur la chute, filmées (courts-métrages muets en noir et blanc, 16 mm) et photographiées en 1970 et 1971, aux Etats-Unis et Hollande, sur la posture et la gravité, entre burlesque et drame.
VOIR LA PERFORMANCE 


- DE MARIA Walter (né en 1935), The Lightning Field, 1977, Nouveau-Mexique.
400 piquets en acier inoxydable répartis dans un rectangle de 1x1,6 km,
 soit 6 705 m2 destinés à attirer le spectacle des impacts de foudre.


- OPPENHEIM Denis (1938-2011), Falling Room, Montana, 1979,
lorsque l'artiste abandonne les performances, il se consacre aux machines ; ici, il installe une tour en aluminium le long d'un immeuble et programme un moteur qui, toutes les 10 minutes, fait monter très lentement la cage métallique et l'immobilise un court moment, avant de la faire chuter.


- POIRIER Anne et Patrick (nés en 1942), Colonne, 1984,
colonne formée de tronçons de béton (D: 5 m), en partie debout (H: env.12 m) et en partie tombés (L : env.30 m),
 en écho au paysage et au passé romain de la région (ruines fausses, neuves et durables).


- FICHLI Peter (né en 1952) et WEISS David (1946-2012), The Way Things Go, 1987,
 film de 30 minutes (voir un extrait ci-dessus de 3 minutes).
(Installations cinétiques montrant un univers d'objets avec des réactions en chaîne provoquées par des interactions physiques et chimiques). 


- WEIWEI Ai (né en 1957), Dropping a Han-Dynasty Urn, 1995,
triptyque, C-prints, 150x166 cm chaque.
Le regard décidé, l'artiste dans une séquence narrative de 3 photos (autoportraits), nous raconte, dans une performance, sa volonté délibérée de laisser chuter un vase ancien (antiquité chinoise de près de 2000 ans et objet de valeur) pour qu'il se brise. 
Les premières photos réalisées étant insatisfaisantes, il a fallu recommencer et briser un second vase antique. Ce geste provocateur et sacrilège est un geste symbolique d'un homme qui affirme sa liberté et se libère du passé culturel chinois (effacement maoïste du patrimoine) tout en le réutilisant.
Ce geste iconoclaste a été beaucoup repris et imité (Raed Yassin, 2012-2013 ; Thomas Eller, 2014) parfois même avec un vase de Ai Weiwei (valeur : près d'1 million de dollars), brisé par son collectionneur (Uli Sigg, 2012) ou même par un visiteur dans une exposition consacrée à Ai Weiwei, devant le triptyque de référence (Maximo Caminero, 2014).



- OPPENHEIM Denis (1938-2011), Device to Root out Evil (Dispositif pour éradiquer le Mal), 1997,
vue de l'oeuvre installée à Calgary, depuis 2009.



- CATTELAN Maurizio (né en 1960), La Nona Ora, 1999
résine de polyester, cheveux naturels, vêtements, accessoires, pierre, verre, dimensions variables,
le Pape Paul II écrasé par une météorite à l'heure de la mort du Christ.


- OLDENBURG Claes (né en 1929) & VAN BRUGGEN Coosje (1942-2009), Dropped Bowl With Scattered Slices and Peels, 1989,
acier, acier inoxydable, béton armé, plastique renforcé de fibres, peinture émail polyuréthane, dix-sept éléments (fragments de bol, quartiers et peaux de pomme) dans une zone d'environ de 5,1x27,7x32 m, fontaine avec bassin et jets d'eau et lumières nocturnes, Miami, Metro-Dade Open Space Park. 

- OLDENBURG Claes (né en 1929) & VAN BRUGGEN Coosje (1942-2009), La bicyclette ensevelie, 1990,
 œuvre installée en novembre 1990 au Parc de la Villette, Paris,
 acier, aluminium, plastique renforcé par des fibres, peinture émail de polyuréthane, quatre éléments, dans une zone d'environ : 46 x 21,7 m (roue : 2,8 x 16,3 x 3,2 m, guidon et sonnette : 7,2 x 6,2 x 4,7 m, selle: 3,5 x 7,2 x 4,1 m, pédale: 5,0 x 6,1 x 2,1 m).

- OLDENBURG Claes (né en 1929) & VAN BRUGGEN Coosje (1942-2009), Free Stamp, 1991,
acier inoxydable et aluminium, peinture émail polyuréthane,
Cleveland, Willard Park (Hôtel de Ville).
Prévu initialement pour un immeuble d'une Compagnie pétrolière, le projet a été déplacé et transformé. Le tampon couché et en partie enterré montre les lettres inversées du mot "FREE".

 OLDENBURG Claes (né en 1929) & VAN BRUGGEN Coosje (1942-2009), Dropped Ice Cream Cone, 2001,
 aciers, plastique et balsa peints, H : 12,1 m, D : 5,8 m,
Cologne (Allemagne), Centre commercial Neumarkt.
Un cône monumental de crème glacée semble être tombé sur le bord de la terrasse de l'immeuble et la vanille est en train de fondre sur la façade. La forme a été choisie en écho aux éléments commerciaux et publicitaires de la rue mais également aux dômes des architectures environnantes.


- RAMETTE Philippe (né en 1961), Le Suicide des objets, 2001,
installation, fauteuil et tabouret en bois, corde, dimensions variables, FRAC Nord-Pas-de-Calais.


- WOODS Lebbeus (né en 1940) & ROCHAS Alexis (né en 1974), The Fall, 2002,
900 tubes d'aluminium, 16x20x7 m, Paris, commande de la Fondation Cartier,
l'architecte Lebbeus Woods travaille sur l'effondrement des bâtiments pour créer des structures résistant aux explosions et tremblements de terre ; l'effondrement qui ne dure que quelques secondes est ici décomposé par cette installation.



- WURM Erwin (né en 1954), House Attack, MUMOK, Vienne, 2003.




- GUO-QUIANG Cai (né en 1957), Head On, 2006,
meute de 99 loups (peaux peintes, gaze et résine) s'écrasant sur un mur de verre,
(mise en scène questionnant la violence du monde contemporain, allusion au Mur de Berlin).



- WEIWEI Ai (né en 1957), Descending Light, 2007,
7 cercles concentriques de laiton, 60.000 cristaux rouge rubis et ampoules électriques, 400x663x461 cm (la chute du Communisme ?).



- FIRMAN Daniel (né en 1966), -8, 2007,
coffre-fort et congélateur écrasé, 156x156x156 cm,
image de la chute qui vient de se passer mais également inversion des objets d'une pièce célèbre de Bertrand Lavier.

- FIRMAN Daniel (né en 1966), pp(p)#1, 2007,
arbre au tronc d'acier et branches de néons, avec une branche tombée, 270x220x180 cm.


 - WEIWEI Ai (né en 1957), Template, 2007,
1001 portes et fenêtres de bois provenant de maisons détruites des dynasties Ming et Qing (1368-1911), base de bois, 422x1106x875 cm, 
projet réalisé pour la Documenta 12 de Kassel (Allemagne), 2007.
Un orage ayant renversé l'oeuvre, l'artiste a décidé de la laisser ainsi, ruine, faite de ruines.





- BOLTANSKI Christian (né en 1944), Personnes, Monumenta (Grand Palais), janvier-février 2010,
couloir de boîtes en fer blanc rouillées et numérotées, salle avec des rectangles de vêtements à plat, poteaux, fils électriques, néons blafards, froid, hauts-parleurs diffusant des battements de coeur, tas de vêtements de 15 m de hauteur, dominé par une grue grinçante qui prend et rejette les vêtements.

« Le grappin rouge vif de la grue saisit des pièces au hasard sur le sommet de la pyramide et les lâche, comme un dieu inconséquent, un dieu cruel qui prend des vies et en épargne d'autres, par pur caprice », Christian Boltanski. 


- XIUWEN Cui (née en 1970), Inner Humanity, 2011,
ensemble de 3 vidéos qui, dans une recherche proche de la philosophie bouddhiste,
 montrent dans un espace vide, la chute et l'entassement progressif de feuilles de papier de riz qui créent des alvéoles
VOIR LA VIDÉO (23 MN 23)


- YUYANG Wang (né en 1979), Feather, 2012,
installation, plusieurs centaines de LED retraçant l'itinéraire de la chute d'un néon jusqu'au sol, 
avec des configurations et changements recalculés et affichés en permanence par ordinateur.


- SIGG Uli (né en 1946) & SALVISBERG Manuel, Fragments of History, 2012,
3 tirages gélatino-argentiques de 100x70 cm chacun,
performance du célèbre collectionneur suisse Uli Sigg, brisant l'un des vases de Ai Weiwei de sa collection, dans un geste et un triptyque semblables à celui de l'artiste (1995).


- YASSIN Raed (né en 1979), Dropping A Yassin Dynasty Vase, 2012-2013,
performance, triptyque constitué de 3 photos couleur de 90x125 cm chacune,
l'artiste brise l'un des prototypes d'une commande de vases (représentant les batailles clés de la guerre civile libanaise)
 fabriqués en porcelaine chinoise à Jingdezhen, en écho au geste et au triptyque de Ai Weiwei (1995).


- HIRSCHHORN Thomas (né en 1957), Break-Through (Percée), avril-mai 2013,
Naples, Galleria Alfonso Artiaco,
polystyrène blanc, ruban adhésif brun, carton, bois, peinture, dimensions variables,
installation in situ réalisée dans 4 espaces de la galerie,
chute jusqu'au sol de matériaux traversant le plafond.


- CAMINERO Maximo (né en 19), Dropping a Han-Dynasty Urn, 18 février 2014,
performance de l'artiste (image extraite de la vidéo), sans autorisation, brisant l'un des vases de Ai Weiwei (valeur 1 million de dollars), exposés à Miami, au Perez Art Museum.


- ELLER Thomas (né en 1964), THE White male Complex, n° 11 (endgames), 25 mai 2014,
triptyque, papier barité sur dibond, 200x306 cm,
performance réalisée au Momumentum Worldwilde de Berlin, lors de l'Exposition, "Pandamonium",
l'artiste revisite le Porte-bouteilles (1914) de Duchamp au travers du geste de Ai Weiwei
pour Dropping a Han-Dynasty Urn (1995).


- PASCALE MARTHINE TAYOU (né en 1967), The Falling House, 2014,
photographie imprimée sur bois, Galleria Continua, San Gimignano, Beijing, Le Moulin.